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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 09:59

BVC-2.jpgL’intervention de la CFE-CGC s’articule autour de trois points pour répondre à l’indispensable besoin de recréer des conditions décentes de travail, de salaire et de déroulement de carrière. L’emploi doit être notre priorité à tous et les nécessaires réformes comme celle de la retraite pourront alors être entreprises. Il s’agit pour la CFE-CGC de travailler à promouvoir une société qui remet les salariés et le travail au coeur de son organisation.

 

 

I L’emploi est notre priorité

 

Nous considérons qu’il convient de s’attaquer à une véritable politique d’investissement pour relancer notre économie. Nous devons travailler ensemble à une politique d’investissements publics et privés, une politique en vue de favoriser l’accès au crédit pour l’ensemble des entreprises. Il s’agit de mettre tout le monde autour de la table pour qu’en cette période charnière et succédant à la crise, nous soyons tous partenaires.


Parallèlement, et toujours en relation avec cette nécessité de relancer et favoriser l’innovation, la formation initiale et continue devra être au coeur de ce programme.

 

Nous devrons accorder une attention particulière à l’emploi des seniors, l’emploi des jeunes en incitant notamment l’embauche de stagiaires afin de permettre une meilleure perméabilité entre la formation initiale et le monde de l’entreprise et enfin celui des femmes. Il est aussi indispensable d’accompagner et former sans attendre la fin des droits au chômage, les bénéficiaires de longue durée.

Dans le cadre de la réforme des retraites, un bilan sur l’obligation faite aux entreprises d’ouvrir une négociation sur la gestion et l’emploi des seniors devrait être réalisé. Nous proposons aussi que l’entreprise qui licencie une personne de plus de 45 ans verse une contribution sur un fonds destiné au financement des retraites.

 

L’égalité salariale doit enfin devenir une réalité. A travail égal, salaire égal ! Il faut que des mesures incitatives soient prises pour réajuster le salaire des femmes. Nous demandons que soit mis en place des sanctions financières pour les entreprises récalcitrantes, tel que le prévoyait la loi. En effet, le salaire tout au long de la carrière est la base de la retraite. Il est donc de la responsabilité de tous de préserver notre système de répartition par une attitude responsable et respectueuse des personnes.

 


II Une refondation de la politique fiscale

 

La composante travail doit être rémunérée en intégrant les gains de productivité dans les évolutions salariales. Ceci contribuera au financement de la protection sociale qui doit être réfléchie dans sa globalité. Lors du précédent sommet, nous avions déjà évoqué la nécessité de remettre à plat le système fiscal, créer une fiscalité taxant au même niveau capital et travail. Cette logique s’inscrit dans ce même objectif qui est celui de rendre possible et acceptable des réformes et surtout de les réussir. La CFE-CGC souhaite aussi que soit engagée une réflexion pour mettre en place des mesures de compensation entre pays industrialisés et pays émergents.

 


III L’avenir des retraites

 

Des discussions, des rencontres sont en cours, nous ne nous attarderons pas, ici, sur ce dossier. Mais la CFE-CGC veut mettre l’accent sur ce qui lui semble être deux graves erreurs dans la manière dont nous abordons la réforme.

 

Sauver le système par répartition est une idée que nous partageons tous. Travailler plus longtemps pour pérenniser financièrement le système, nous en discutons. Il nous paraît aussi à tous, je le crois, primordial de ne pas opposer les trois fonctions publics au secteur privé, c’est pourquoi nous proposons de raisonner sur la base d’un taux plancher de
remplacement.

Raisonner exclusivement sur la baisse des dépenses est un non sens, si parallèlement nous ne réfléchissons pas à l’augmentation de l’assiette. La CFE-CGC demande une augmentation de 0,5 de la CSG et la mise en place de la taxe sociale sur la consommation ou taxe sociale.


L’idée actuellement avancée de permettre à certains de partir plus tôt en raison d’une carrière difficile est acceptable pour nous à condition que vous preniez alors en considération le stress comme maladie professionnelle, à moins que les suicides qui ont défrayés la chronique dans différentes entreprises ne soient pas considérés comme suffisamment importants et révélateurs d’un malaise profond au travail.

C’est de cela dont nous devons nous saisir et envisager des carrières plus longues pour tous mais qui soient gérées ! La prévention et la gestion des carrières doivent être au coeur de la réforme et ce n’est pas aux salariés et à l’état de payer une irresponsabilité de l’entreprise par un départ anticipé !

Au nom de l’équité, nous payons l’injustice et l’irresponsabilité. Les jeunes de l’encadrement entrent de plus en plus tard sur le marché du travail du fait de leurs études, la CFE-CGC demande donc à ce que ces années d’études soient prises en compte dans le calcul de leurs retraites avec un dispositif incitatif.


En conclusion, Monsieur le président, vous n’avez cessé de souligner l’importance de nos rencontres, l’importance du dialogue social à tous les niveaux et de sa qualité. C’est pourquoi nous souhaitons travailler sans tarder à la mise en place d’un véritable contrat d’engagement social afin de mutualiser le financement des salaires des militants et ainsi permettre aux TPE elles aussi des représentants au niveau interprofessionnel et de permettre également à nos militants d’avoir des carrières identiques à ceux qu’ils auraient eu en entreprise. Ces deux conditions sont nécessaires pour garantir à moyen et long terme un dialogue social de qualité. Nous espérons bien entendu que la loi sur les TPE sera soutenue et suivi d’effet.

 

11 mai 2010

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