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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 14:05

trstress_copie.jpgLa CFE-CGC validée dans ses travaux sur le stress par un collège d’experts. À la demande du ministre Xavier Bertrand, un collège d’experts a émis un rapport sur les risques psychosociaux. Leurs conclusions valident les observations de la CFE-CGC. L’approche du stress par questionnaire est validée comme excellente, même si cela ne saurait être la seule. La CFE-CGC travaille d’ailleurs à un logiciel d’interrogation à distance des salariés qui sera rendu public début mai. Il est nécessaire de ne pas rester dans une approche rustique, centrée uniquement sur la démarche Karasek (charge de travail couplée au manque d’autonomie) qui se révèle à l’usage un instrument inadapté, donnant de fausses estimations pour ceux qui travaillent dans le tertiaire et l’encadrement en particulier. Les experts constatent aussi qu’aucun questionnaire ne détient la vérité, cela relativise les prétentions de certains cabinets d’audits et certaines pratiques de DRH. L’une de leurs conclusions remarquables est que la priorité est d’analyser l’organisation, les conditions et l’ambiance de travail... jusqu’à l’usage des NTIC ! Ils insistent plus sur le travail que sur le travailleur et ses caractéristiques. La CFE-CGC ne saurait trop recommander de s’appuyer sur ce rapport ainsi que sur les accords sur le stress et la violence, pour introduire ces thèmes dans les travaux du CHSCT et les négociations dans l’entreprise. Retenons plusieurs axes d’attaques. Le premier : la charge de travail et le manque de temps (objectifs irréalistes ou flous ou contradictoires ; Tâche interrompue sans cesse ; injonctions paradoxales). Les effets sur la santé sont démontrés. Le deuxième : l’exigence émotionnelle qu’impose la confrontation client, patient, délinquant etc… Le rôle avec apparence comportementale déterminée (le sourire commercial quand on est en deuil). Le troisième : le manque d’autonomie, une notion qu’apparemment les membres de l’encadrement ressentent peu, sauf si l’on rappelle que les procédures qualité, les logiciels experts et ERP imposent rythme et méthode. Le quatrième : la contrainte relationnelle. La situation de concurrence en interne, l’individualisation poussée, pèsent de tout leur poids sur les salariés. Le cinquième : la contrainte éthique, quand on doit vendre des produits périmés ou inadaptés, dont le client n’a pas besoin, quand on doit tricher etc. Le sixième : l’insécurité du travail liée à l’inquiétude sur l’avenir, en particulier dans les fusions rapprochements, c’est la peur du licenciement. Il s’agit aussi de tenir compte du climat de violence éventuel, des messages contradictoires, de la communication et de la perte de sens qu’il peut en résulter, sans compter la contrainte linguistique. Le rapport réclame une enquête nationale sur ces questions de manière à établir un diagnostic avant tout traitement. Espérons que cette démarche initie une dynamique permettant de sortir la France de sa situation. La CFE-CGC s’est illustrée par son travail précurseur dans ce domaine. Elle sortira prochainement son 16e baromètre du stress, accompagné d’un guide et d’une bande dessinée sur le CHSCT. Des formations sont en place pour répondre au besoin de se doter d’outils pour approcher et résoudre les problèmes afin de provoquer un changement des conditions de travail qui impactent si fort les membres de l’encadrement.

 

Dr Bernard Salengro

Pôle Conditions de travail,

Handicap, Santé au travail

 

Pour en savoir plus : lien


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