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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 13:29

Une étude de l’INSEE sur l’éventail des rémunérations en 2008 montre qu’un cadre gagne en moyenne trois fois plus qu’un ouvrier. Nous sommes dans quasiment la même proportion en ce qui concerne les dirigeants de la plupart des PME qui ont un salaire équivalent à celui d’un cadre. Voilà la réalité du monde du travail, de 99,5 % de la population qui tire ses revenus de ses compétences, de son savoir-faire et de son engagement au service des entreprises ou du secteur public. Cela n’a rien à voir avec ce que perçoivent les quelques centaines voire milliers de dirigeants d’entreprises cotées notamment au CAC 40 qui cumulent fixe, part variable qui n’a souvent de variable que le nom, bonus, stock-options, retraite chapeau... Le résultat de leur travail, quel qu’il soit, est rarement contesté. Leur rémunération encore moins. Nous sommes là, non plus dans un rapport de 1 à 3, mais plutôt de 1 à 100, 500 voire 1000 !

Il y a un siècle, le financier J.P. Morgan estimait que le système capitaliste ne peut fonctionner que si l’écart des revenus entre les dirigeants et le monde du travail ne dépasse pas un rapport de 1 à 30 voire 40. Pour maximiser les profits de la World Company, les décideurs qui forment un cénacle consanguin, continuent à restructurer avec l’aide de cabinets spécialisés «tueurs de coûts», à délocaliser non seulement la production mais de plus en plus la recherche et l’innovation.

Le centre de gravité de l’économie mondialisée se déplace vers l’Asie. L’Asie qui voit l’émergence d’une classe moyenne toujours plus nombreuse (250 millions en Chine), symbole de pays en plein essor.

Pendant ce temps, les classes moyennes occidentales et françaises en particulier s’étiolent. Illustration de pays qui glissent sur la mauvaise pente. Avec la complicité ou la duplicité d’une classe politique qui tolère que ce soient toujours les mêmes qui poursuivent leur travail de sape. Dernier exemple en date : la nomination de Didier Lombard pour trois ans comme président du Conseil de surveillance de ST Microelectronics. À près de soixante dix ans, il fallait certainement que cet homme retrouve une activité. On a certainement voulu utiliser son expérience acquise à la tête de France Télécom où il a supprimé près de 40 000 emplois ces dernières années avec l’humanisme que l’on sait. Où, malgré les aides aux entreprises y compris de cette taille en crédit impôt-recherche, suppression de la taxe professionnelle, exonération de charges, aides à l’embauche... l’État actionnaire n’a pu exiger aucune contrepartie en matière d’emploi. Les centres d’appels sont localisés depuis belle lurette un peu partout dans le monde. La recherche suit. Fernand Braudel disait : «Le dynamisme du capitalisme repose sur la confiance des acteurs impliqués». Celle-ci a volé en éclats. Le pouvoir politique ne protège plus les citoyens face au secteur économique qui ne créé plus ni emplois, ni richesses, mais les détruit. Il est temps de réagir. C’est ce que fait la CFE-CGC tous les jours à tous niveaux. Dans les CE, comités de groupe, comités européens, mais aussi dans les conseils d’administration ou les assemblées générales d’actionnaires où notre opiniâtreté nous a imposés. C’est pour cela que nous soutenons l’actionnariat salarié. Pour associer capitalisme et travail mais aussi pour exercer un contrôle et une influence. Aide-toi, le ciel t’aidera. Plus que jamais, aidons-nous en renforçant notre CFECGC pour peser sur les orientations et les décisions et bâtir de nouvelles régulations au service d’un monde équilibré !

 

Bernard Van Craeynest

Président de la CFE-CGC

La Lettre Confédérale N°1264

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