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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 17:28

Alexis de Tocqueville dans ’’La démocratie en Amérique’’, parlait d’une ’’nouvelle forme de domination qui  s’ingère jusque dans la vie privée des citoyens, développe un autoritarisme plus étendu et plus doux’’ qui ’’dégraderait les hommes sans les tourmenter’’. Au XXIe siècle, nous constatons que la mondialisation, l’individualisme, la civilisation des loisirs, l’instantanéité de l’information - un événement chasse l’autre - concrétisent la pensée émise deux siècles et demi plus tôt.

 

Chacun, concentré sur ses attentes et préoccupations personnelles, ne prend pas la mesure de l’évolution de notre planète comme de notre pays, peine à prendre du recul, à hiérarchiser les milliers de données qu’il reçoit à longueur d’années. Cela a pour conséquence, non pas de briser les volontés mais de les amollir.

 

Pourtant, beaucoup ont conscience que l’on ne peut laisser faire n’importe quoi. Les récents succès des ouvrages de Stéphane Hessel démontrent qu’il y a une appétence pour non seulement l’indignation mais aussi l’engagement. Encore faut-il que celui-ci soit structuré dans des objectifs clairs non pas pour détruire, défendre coûte que coûte tel ou tel avantage ou soi-disant tel, mais pour construire la société d’aujourd’hui et de demain.

 

Jean-Paul Delevoye, dans son dernier rapport 2010 du médiateur de la République, a posé la question essentielle : ’’Voulons-nous encore vivre ensemble?’’. Pour la CFE-CGC, la réponse est évidemment oui ! C’est pour cela que nous travaillons chaque jour. Pour apporter des réponses, trouver des solutions, concilier l’économique et le social, améliorer la vie au travail, relancer l’ascenseur social, préserver notre système de protection sociale pour maintenir toutes les solidarités, y compris intergénérationnelles.

 

Cela fait des années que nous avons été pionniers pour imposer la mixité, le contrat d’engagement social, la cotisation sociale sur la consommation avec une vraie réforme fiscale de l’IRPP, de la TVA, des taxes locales. Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes mais aussi président du Conseil des prélèvements obligatoires, vient de présenter le dernier rapport de cet organisme devant la commission des finances de l’Assemblée nationale. Parmi une foule d’indicateurs, relevons-en quelques-uns : 10 % des ménages consomment 62 % des niches fiscales ; deux tiers de l’impôt sur le revenu sont acquittés par 10 % des ménages. Cet impôt, entre 1995 et 2009, est passé de 9 à 6,4 % du PIB ; la CSG, avec 88 milliards, représente 4,8 % du PIB.

 

Le CPO souligne que l’on ne peut pas mesurer l’imposition des plus riches. Et conclut en appelant de ses vœux une vraie réforme fiscale et non plus des mesures incohérentes au gré de toutes les lois de finances votées chaque année. Rapport après rapport des plus hautes autorités de notre pays, des experts économistes, nous voyons que les faits sont têtus.

 

Tout cela a été souligné par la CFE-CGC depuis des années. Nous portons auprès de nos interlocuteurs exécutifs, législatifs, patronaux, des propositions dont les plus lucides reconnaissent le bien fondé, tout en nous disant : «le problème, c’est que ce n’est jamais le bon moment pour agir !».

Or, plus nous tardons, plus les solutions seront difficiles à mettre en œuvre et douloureuses.

 

En fait, la vraie question à trancher aujourd’hui est : voulons-nous répondre dans un cadre démocratique aux problèmes posés avec la contribution des corps intermédiaires dont la CFE-CGC ? Ou attendons-nous que les volontés qui se cherchent actuellement finissent par déclencher un tsunami politique et social ?

 

Bernard Van Craeynest
Lettre Confédérale N°1265
20 mai 2011

 

 

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